Le transréalisme

Initié en 1994, par Pierre Gouverneur, fondateur de la Galerie d’art du Château d’Homécourt, ce concept est proposé :

- pour éveiller plus largement à la fonction déterminante de l’art, des arts plastiques en particulier, et – pour souligner que son pouvoir d’épanouir -de développer la conscience- est devenu aussi accessible au plus grand nombre que nécessaire à la société actuelle en profonde mutation et en quête de valeur.

La création d’un terme

La réflexion sur le rôle de l’art dans la société a reflété dans l’histoire l’évolution de la manière dont on a compris la création artistique. Mais cette interprétation a toujours concerné une minorité.

A l’époque où individualisme et subjectivité se banalisent, aussi bien dans le domaine artistique que dans la société en général, une bonne appréhension de l’art est plus que jamais l’instrument qui permet le développement de la sensibilté et de la lucidité nécessaire à une majorité -dont dépend de plus en plus le destin commun.

En effet, la loi du plus grand nombre qu’implique la démocratie ne peut être que caduque dans ses effets heureux si les potentiels de l’intelligible et du sensible de chacun ne sont pas développés.

Le propos consiste donc à faire reconnaître à l’Art son pouvoir fondamental de développer l’esprit humain et à considérer la nécessité actuelle de permettre au plus grand nombre de s’en servir.

Le terme “transréalisme” sert d’ancrage à cette analyse et à ce besoin.

Explication du choix étymologique :

Le préfixe « trans » reflète, à la fois, l’idée de dominer le temps, par le témoignage, la transmission de l’Oeuvre d’Art et le désir de l’artiste, même inconscient, de parfaire, de mieux comprendre et d’améliorer. Ce préfixe suggère la recherche et le dépassement qui caractérisent, depuis toujours, la motivation profonde de la création artistique.

Les radical et suffixe « réalisme » servent à souligner, à prendre davantage conscience de l’existence et de l’importance du spirituel dans l’Art et à lui reconnaitre ainsi sa fonction déterminante ; à une époque qui privilégie la plastique et l’apparence, est ainsi souligné la nécessité, aujourd’hui, que le plus grand nombre apprenne à appréhender le langage universel et profond afin de jouir de ses essentielles vertus indispensables à l’idéal humain et pour répondre aux nouveaux enjeux nés des considérables bouleversements actuels.

Ce terme cherche à souligner :

- que l’art ne se limite pas au témoignage de l’état d’esprit des hommes à travers les âges, mais qu’il constitue, grâce à sa motivation d’améliorer et à sa faculté de développer la perception et la compréhension, le vecteur de l’évolution spirituelle,

(L’évolution spirituelle est définie, ici, comme orientée vers une capacité de l’Humain à mieux appréhender le monde, à mieux se sentir en harmonie avec l’univers, et ainsi, grâce à une faculté de l’intelligible, du sensible et de considération accrues, à pouvoir améliorer les relations et comportements avec la nature et les autres membres de son espèce).

- que les avancées et nécessités de l’époque incitent à réaliser que le moment est venu de répandre et de propager la reconnaissance de son pouvoir de parfaire et, en conséquence, d’inviter le monde de l’éducation à apprécier le langage artistique comme la première langue universelle à apprendre ou appréhender dans les écoles.

Le concept « transréalisme » se propose :

pour repérer, et plus particulièrement, pour aider un plus grand nombre, à reconnaître la fonction de l’Art à transformer l’esprit humain,

pour inviter, en conséquence, à utililiser largement ses fructueux pouvoirs de découverte, de rencontre et de meilleure considération.

Est ainsi suggéré, à travers ce terme, que notre époque de grande mutation, qui aspire à une authentique reconnaissance de l’importance de l’individu, peut trouver sur le vecteur des arts, la valeur, le moyen d’y réussir.

« …Le terme de Transréalisme est particulièrement heureux et mérite de se fixer… »

René Huyghe de l’Académie Française, 20-IX-1993

 » Le Transréalisme est un beau programme, nécessaire aujourd’hui »

René HUYGHE de l’Académie Française, 1995.

Une invitation à l’échange des réflexions, à la communication des expériences et au développement des initiatives.

Le transréalisme réinvite aux réflexions fondamentales de la condition humaine et de son évolution.

Il prétend que les considérables avancées contemporaines permettent et attendent que l’individu accède et participe à un dépassement susceptible de contribuer à l’élévation de l’ensemble et propose une large et profonde pratique du vecteur. Cette participation peut se concrétiser par les correspondances sous toute forme, et, bien sûr, par l’échange sur le web.

Cette invitation à un humanisme triomphant n’est pas utopique et peut être largement reçue. En effet, elle émane d’un enseignant, devenu galeriste, qui n’a pas bénéficié de formation artistique particulière et qui a bâti progressivement sa réflexion à partir d’un regard porté essentiellement sur la peinture, en dehors des livres et des grands courants.

Apprendre à aiguiser son regard, sa sensibilité, face à l’Oeuvre d’Art, puis, à développer sa lucidité par l’expression et l’échange des ressentis.

Le transréalisme souligne que l’œuvre d’Art, mieux qu’un livre, favorise la qualité des études et des relations ; il préconise ainsi la pratique régulière de « Séances d’éducation ou d’affinement du regard personnel, puis d’expression du ressenti, sous forme de dynamique de groupe » afin d’ajouter à son pouvoir de découverte intime celui d’échanges plus sincères et profonds avec d’autres ressentis.

Face à l’Oeuvre révélatrice de la conscience d’un homme anonyme, il est possible de se découvrir davantage, de favoriser ainsi la compréhension de soi et de l’autre ; tout comme un conciliateur permet l’entente entre deux points de vue à priori inconciliables, l’Œuvre d’Art peut servir d’intermédiaire à la rencontre fructueuse entre deux ou plusieurs de ses observateurs qui, dans la vie courante, ont souvent beaucoup de mal à communiquer, donc à se comprendre, à se respecter, à s’améliorer dans leurs relations et comportements.

Expression de l’esprit humain, l’Oeuvre d’Art représente un support, un moyen privilégié de le développer.

Pierre Gouverneur

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